« Il posait à chaque fois les 3 questions qui tuent »

« Le souvenir qui me vient spontanément à l’esprit précède mon arrivée à PC.

J’ai eu l’immense chance de faire mon stage « de recherche » dans son équipe au Collège de France en 1998, la dernière année de mes études à l’X. L’équipe recevait ces semaines-là un « fellow » universitaire d’une université américaine (dont j’ai la grande honte d’avoir complètement oublié le nom !) qui nous a accordé quelques leçons sur son sujet de prédilection, familier à Pierre-Gilles de Gennes, qui était, si ma mémoire ne me trompe pas, la reptation des polymères.

En toute franchise, je me tapissais derrière mon cahier de notes : j’étais rouge de honte d’être totalement largué après les 5 premières minutes de chaque leçon… Mais je me rassurais bien vite : visiblement, c’était le cas de tous les participants après 10 !

Tous ? Non, car au fond de la salle se trouvait Pierre-Gilles Gennes… qui, selon les jours, répondait ostentatoirement à sa correspondance, lisait le journal ou fumait l’un de ses infâmes cigarillos. Et, comme ça, l’air de pas y toucher, à l’issue de l’exposé, il posait à chaque fois les 3 questions qui tuent et renvoyait l’universitaire dans ses cordes, en soulignant les points moins solides de son argumentation.

Impressionnant !

Et, à tout dire, franchement très drôle.

Une sorte de synthèse de l’image que j’ai gardée de ce très grand esprit. »

Jérôme Petit (115e – X95)


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