« J’éprouvais le besoin de consulter tant de Gennes que Friedel »

PGDG-Landesman« Voici l’un de mes souvenirs de Pierre-Gilles de Gennes : une photo de décembre 1983 prise à une fête de Noël à son laboratoire du Collège de France !

Je suis de la 70e promotion. Quand je suis arrivé, fin 1956, au labo Abragam, au Centre d’études nucléaires de Saclay, Pierre-Gilles de Gennes y travaillait mais je ne le rencontrais pas encore. Tout au plus ai-je assisté à des séminaires de Pierre-Gilles sur la relaxation spin-réseau des spins nucléaires d’un solide dopé d’impuretés paramagnétiques.

(Je crois aussi qu’il a participé, avec la plupart des physiciens du service, à la manifestation fin mai 1958 sur les Champs-Élysées pour protester contre le coup d’état d’Alger du 13 mai 1958 !).

Mais très rapidement Pierre-Gilles est parti au laboratoire de Physique des solides d’Orsay.

Dans les années 1970, Pierre-Gilles s’est intéressé à la superfluidité de l’hélium 3 qui venait d’être découverte, à une époque où l’on ne comprenait pas encore le mécanisme. Je me souviens de son séminaire sur ce sujet. On en est sorti croyant avoir compris, mais en réalisant rapidement qu’en réalité on avait été séduit par Pierre-Gilles mais incapables de reproduire son raisonnement !

Plus tard, chef du service de physique des solides et de résonance magnétique à Saclay, j’éprouvais souvent le besoin de consulter tant de Gennes que Friedel.

Dans les années 1980, Pierre-Gilles m’a nommé au Conseil d’orientation scientifique de l’ESPCI.

En 1986, Pierre-Gilles m’a proposé de le rejoindre alors qu’il dirigeait l’ESPCI et j’ai beaucoup regretté le refus catégorique du CEA de me mettre à la disposition de l’ESPCI ! »

André Landesman (70e)


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