"L’enseignement qui m’a été offert ce jour-là m’accompagne encore"

18 mai 2017

"En septembre 1980, Pierre-Gilles de Gennes dirigeait l’ESPCI. Il lui revenait, comme à d’autres responsables de l’École, d’intervenir auprès des "nouveaux" de la 99e, réunis pour leur première journée dans le "grand amphi". Pour être honnête, celui qui se présentait devant nous m’était totalement inconnu, et pas moyen de le googleliser. En tout cas, sûrement pas mon premier (futur) prix Nobel en chair et en os. Je n’avais pas été franchement attentif au défilé des intervenants qui précédaient. Sans doute trop occupé à détailler mes nouveaux coreligionnaires et à comptabiliser dans ma tête ceux et celles, qui deviendraient les complices des 4 prochaines années. Sauf que cet homme-là, tout de suite, a capté mon attention. "Capté", je devrais dire "captivé". Captivés, nous l’étions tous, captivés par une vision et par une ambition pour l’École, qui se matérialisaient cette année-là, par l’introduction de la biologie au sein du cursus. Captivés surtout par la fulgurance et la clarté de son enseignement. J’assistais sans le savoir à mon premier cours à PC. Pierre-Gilles de Gennes est de ceux, qui sur l’instant m’ont donné le sentiment d’être beaucoup plus intelligent. Se faisant, il se mettait à notre portée pour nous élever et mettait la barre bien haut pour ses collègues enseignants-chercheurs ;). J’ai quitté le monde de la recherche, pour le conseil en management il y a longtemps. Mais l’enseignement qui m’a été offert ce jour-là m’accompagne encore. Il m’est même indispensable. Il y était question de la pertinence et de l’usage de l’analogie interdisciplinaire."

Benoît Pradet (99e)

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