"Extraordinaire fut sa saynète sur l'invention de la fermeture Éclair"

22 mai 2017

"Souvenirs, souvenirs avec PGdG. J'ai eu la chance immense d'avoir des relations personnelles avec Pierre-Gilles de Gennes, l'un de mes petits-fils étant camarade de classe et ami intime de son fils Marc. Cette relation m'a permis de l'inviter à faire une conférence dans un "dîner-débat", dans l'un de ces "cercles de réflexion" de l' "Ouest Parisien" dont j'étais trésorier et où l'on tente de s'intéresser, sans tourner en rond, à des sujets d'actualité. Et PGdG nous traita l' "INNOVATION". Extraordinaire fut sa saynète sur l' "Invention de la fermeture Éclair" où il mimait longuement la tâche très ardue du laçage des corsets du XIXe siècle et son remplacement par le geste quasi instantané du "Zip". Fou rire assuré dans l'assistance ! Et il traita bien sûr d'autres sujets très sérieux dont, entre autres, les risques et chausse-trapes qui nous attendent avant la mise en œuvre de la production d'électricité par la fusion nucléaire. Il était optimiste sur les capacités de notre pays à jouer un rôle déterminant dans la recherche mondiale, avec toutefois une remarque cinglante sur une partie de notre organisation universitaire et le fait que, selon lui, 30% des chargés de recherche du CNRS n'étaient pas "de niveau". Dur dur ! Mais, là n'est pas mon propos. Sachant qu'à la fin de sa carrière il s'était "retiré" dans un petit bureau de l'Institut du Radium, rue Pierre-et-Marie-Curie, pour y réfléchir à certaines propriétés des neurones et à la fonction olfactive, je l'ai "branché" sur le petit jardin qui, dans cet Institut, sépare le pavillon Curie, créé pour Marie Curie, du pavillon Pasteur, créé par Claudius Regaud. Il se trouvait que je connaissais bien ce petit jardin, mon père, élève de Marie Curie, ayant fait ses 51 ans de carrière de physicien dans un laboratoire du sous-sol du pavillon Curie. PGdG a démarré au quart de tour : "Eh oui, là se retrouvaient les physiciens et les biologistes, Marie Curie, Debierne et Claudius Regaud, Holweck et Lacassagne, Frilley et Latarjet. C’est là qu’a été comprise, avant même sa définition par Louis Harold Gray, la notion de “dose absorbée”. Ce petit jardin a été un raccourci, un chemin de traverse, inimaginable aujourd'hui où les circuits de la connaissance sont longs et complexes en dépit de la transmission numérique. Ce petit jardin où est née une part essentielle de la radiobiologie était un lieu magique, un lieu de transcendance." Souvenirs, souvenirs ! Quand je passe au Quartier latin, je ne manque pas d’y faire un petit pèlerinage en rappel de mon enfance, de mon adolescence, lieu où j’ai eu la chance d’être initié à la "fouette" ce geste étrange des pêcheurs à la mouche par Raymond Latarget, membre de l’Institut."

Jacques Frilley (73e)

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